Photo en Une : © Timagin

Timothée, chargé de communication, graphiste, photographe et vidéaste témoigne : « Tout ce qui est entrepris ici est le fruit d’un partage de savoir et de connaissances. » Déjà 7 ans que Project Moon existe et prépare cette année son festival annuel basé sur un système d’économie circulaire et surtout collaborative ; chacun a quelque chose à apporter. 

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Leur organisation diffère de celle d’une association lambda et fonctionne sur le modèle d’un bureau collégial. Chez Project Moon, la hiérarchie n’existe pas. « Pas de président, de secrétaire et de trésorier en haut de la pyramide », ajoute Céline. Ils sont treize à pouvoir jouir d’une influence et de responsabilité égalitaire. Différents pôles existent (communication, régie, bénévolat, bar, déco, booking, magasin, stands, comptabilité) et permettent à chacun de se spécialiser, et d'acquérir de nouvelles compétences pluridisciplinaires et professionnelles qui les aident à avoir une vision globale de la logistique organisationnelle. Chacun transmet les quelques compétences qu'il possède aux autres : « Seul notre chef déco avait une formation de menuisier. Nous, on a appris sur le tas en faisant des soirées. Par exemple : on crée de la déco sur des logiciels d’architecture, puis on les réalise lors d'ateliers ouverts à tous. »

Et pour cause : « Tout est fait en interne. » Stone Moon, c'est avant tout une organisation DIY qui a comme valeur fondamentale l’échange et le développement de soi. L'argent ? Ce n'est pas la première importance, et nombreuses sont les associations à ne pas enregistrer de bénéfices à la fin de l'année ; le bénévolat semble être primordial dans cette association « autosuffisante ». ». Toute l’année, pour rendre concrète leurs ambitions, les membres de l’association se forment à différentes disciplines, proposent des prestations à d'autres évènements de l'Hexagone – notamment le festival Hadra – et organisent des soirées, principalement à la Coopérative de Mai. « On a aucune subvention, et pour organiser un festival, il faut des moyens », justifie l'équipe. Heureusement, pour Project Moon, la région est aussi là pour les aider. La décoration, extrêmement travaillée, est non seulement le fruit d'une expérience progressive, mais aussi de cette solidarité locale. À Clermont-Ferrand, une association a permis à l'équipe d'accéder à un fablab, ces ateliers hautement équipés pour la confection d'objets.

Côté musique, le festival fait fi des étiquettes et de la classification des genres. Pour Project Moon, la trance est d'abord de mise, mais le dub, la techno, le hardcore ou encore le chillwave trouvent leur place au line-up de Stone Moon. « Toutes les musiques sont bonnes à prendre, c'est un débat inutile, pas de guerre à mener. Les gens ont tendance à s'attarder sur la différence des genres au lieu de se focaliser sur ce qui les rassemble, sur ce qui nous rassemble. » Ainsi, peu étonnant de voir des artistes comme Once Upon A Time, Antagon, Suburbass, Laurent Ho ou certains membres du Heretik System partager l'affiche du festival. 

En plus de vraies valeurs de partage, l'association Project Moon est engagée dans la cause environnementale et déploie différents dispositifs afin de sauvegarder le site du festival et de sensibiliser le public, comme l'utilisation de toilettes sèches et le ramassage et tri des déchets. « On rend toujours le site dans son état d'origine. » L'environnement, c'est également la région, qui occupe une place importante dans le festival. Sur place, bières artisanales d'Auvergne, stands de nourriture locale et stands d'artisanat de la région.

Il reste encore une trentaine de postes à pourvoir pour participer de façon bénévole à l'organisation du festival ; toutes les informations sont à retrouver sur ce lien. Pour plus de détails sur la programmation complète et la billetterie du festival, rendez-vous sur le site de l'association Project Moon.