Photo en Une : ©Diogo Simoes


DJ Marfox a sorti son album, Chapa Quente (on peut le traduire par "chaud devant") sur son label Principe, qu'il créait il y a cinq ans. Ce titre traduit bien ce qu’on ressent dans sa musique : une chaleur torride qui ferait fondre même le vinyle.

Marfox a fait voyager sa musique dans le monde entier et s’est vite vu élu comme représentant du nouveau son batida de Lisbonne. On pourrait le définir comme un courant futuriste qui puise ses références dans les sons traditionnels, la dance des années 90, le kuduro angolais et des sons beaucoup plus actuels de techno. On pourrait également comparer cela à du curry, qui procure des sensations différentes selon la dose des épices et leur variété.

"Ce nouvel EP est un véritable hommage au quartier dans lequel j’ai grandi, Quina da Vitoria. J’ai fait de mon mieux pour explorer toutes les influences dans lesquelles j’ai baigné, petit. Des sons indiens, ce que j’écoutais dans les années 90, la musique électronique aussi… Et bien sûr le kuduro, plutôt dans ses sons originels, d’ailleurs. C’est vraiment ce qui a fondé les bases de cet EP."

On retrouve six titres sur Chapa Quente, qui sera la quatorzième entrée dans le catalogue de Principe et certains d’entre eux feront certainement partie des choix de Marfox pour son set aux Plages Electroniques ce samedi à Praia do Rei. "Je vais bientôt partir en tournée en Asie et je tourne souvent en Europe. Au Portugal, cela dit, je ne fais que Lux et les Plages Électroniques pour le moment. Je suis ravi parce que cet album m’a fait gagner un nouveau public."

"Je crois qu’on entend vraiment une évolution des sons dans ce disque et je dois cette complexité à ma maturité. A force de vieillir et de voyager partout dans le monde, on écoute les producteurs et ça aide à mieux penser à la construction du son que vous voulez créer. Je n’ai pas pour autant changé d’approche, mais j’apporte des nouvelles idées qui, si ça se trouve, ne m’auraient pas plu il y a quelques années. Je pense vraiment que c’est lié à mes voyages, ils me permettent de m’ouvrir de nouveaux horizons musicaux."

"Je pense notamment à mon séjour aux Etats-Unis en 2014. J’ai eu la chance de passer du temps avec le crew Footwork. On a passé une journée en studio et j’ai pu admirer leur processus de création, eux le mien, et dans ces cas-là, on se rend compte de toutes les formes que la musique peut prendre. Ce son très brut qu’ils produisent est très proche du nôtre alors qu’ils ont tellement de sources desquelles s’inspirer et que nous sommes contraints de nous baser sur tout ce qui vient d’ailleurs. À part le fado et la musique populaire traditionnelle, c’est à croire que nous n’avons rien d’autre. Le fait de passer du temps avec eux m’a permis de comprendre qu’on pouvait se construire notre propre identité et c’est ce qui m’a poussé à creuser dans mon passé pour retrouver ce que j’écoutais tout petit. C’est vraiment le plus gros défi que je me suis donné, ce disque."

DJ Marfox

Retrouvez DJ Marfox aux Plages Électroniques Lisbonne ce samedi 3 juin