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Si sa programmation riche en figures de proue de la scène électronique actuelle et son goût pour les scénographies démesurées ont bâti sa réputation, le DGTL s'est aussi fait fort d'implanter sa recette aux quatre coins du monde. "Nous comparons les scènes club des différentes villes au préalable, nous observons à quel point elles sont progressives, explique Jasper Goossen, le fondateur du DGTL. Pour Barcelone, nous avons été sensibles à la communauté gay très soudée qui y vit, et son amour, son envie pressante de faire la fête".

Après cette première escapade réussie à Barcelone en 2015, qui a vu se succéder près de 80 artistes, DGTL se permet de voir plus loin. Mais faire venir DVS1, Daniel Avery ou Dax J au Chili, au Brésil ou en Israel est un travail de longue haleine. "Les scénographies, les installations écologiques...organiser un tel évènement aussi loin d'Europe requiert beaucoup de temps et d'effort. On pourrait le faire en quelques mois, mais nous ne serions alors pas du tout préparés. L'organisation du DGTL dans ces pays prend en général de six mois à un an". Si le procédé est aussi long, c'est aussi parce que, pour poser le pied à Santiago ou Tel Aviv, il faut s'imprégner, scruter minutieusement ce qui fait la culture d'un pays, dialoguer avec les autorités locales... "Ce n'est jamais facile. Il peut y avoir d'énormes différences selon le pays auquel on s'adresse. En Israel, il y a un niveau de sécurité qui peut paraitre insensé aux Pays-Bas. Il faut faire avec. Au Brésil, ce n'est pas du tout la même chose. Les autorités veulent stimuler l'économie, on doit donc participer en embauchant des locaux à chaque étape".

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Un procédé long, parfois coûteux. Durant des mois, le DGTL converse avec les partenaires qu'il a acquis à la suite de repérages : adaptation du line up au public local, "dont les attentes vis à vis d'un festival ne sont pas les mêmes qu'en Europe", gestion du modèle économique et écologique... Un challenge que Jasper Goossen relève avec enthousiasme : "Bien sûr que les premières fois on perd de l'argent, mais c'est substantiel. Tu peux en perdre beaucoup, mais voir une foule en délire, complètement conquise. Si les gens passent la meilleure nuit de leur vie, et qu'ils en parlent autour d'eux, alors on a fait notre boulot. Organiser le meilleur évènement possible".

Ces soirées endiablées se déroulent avec le minimum d'impact écologique. Le programme Revolution du festival, qui entre autres préconise la réduction du nombre de générateurs électriques, des repas exclusivement végétariens, le recyclage de l'urine, la mise en place de conteneurs pour endiguer la pollution sonore; est maintenant "dans le radar des autorités de Barcelone, par exemple", qui n'hésitent pas à s'inspirer voire à solliciter le DGTL pour faire de leur ville une cité durable. "Ils sont très intéressés par ce que l'on fait, avides d'échanger avec nous. C'est une double victoire pour nous, de ravir le public et de laisser un héritage à un niveau plus global".