L'esprit de groupe semble être le cœur du festival Entente Nocturne. Pour leur première édition, l'organisation lance la formule courageuse de réunir 16 collectifs sur huit scènes au cours d'un même événement. Mais plutôt qu'une succession de murs de son, façon teknival, ici chaque collectif s'associe à un autre. Ainsi par exemple, le Camion Bazar sera aux côtés de Rose et Rosée pour concocter ensemble une programmation et une scénographie de choix. À l'heure d'une effervescence créative des musiques électroniques, les organisateurs souhaitent un festival où chaque style soit représenté et où chaque spectateur puisse déambuler d'une scène à une autre, comme dans tout autant de genres, de sous-genres, de musiques parfois radicalement différents. Un décloisonnement total. Le pari sera-t-il réussi ? Les propositions scénographies annoncées s'annoncent en tout cas fort ambitieuses, et immersives.

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Loin de l'ambiance épurée des clubs techno, Entente Nocturne mise ce week-end sur la construction d'un monde à part. Pour la scène Dubwise circle, les collectifs de soundsystems Indy Boca, High Bass et Blackboard Jungle, invités par Paris Dub Session et Artbeat, mettront en place une arène de danse cernée à 360° par des murs de son. Ils s'affronteront tour à tour en battle, pour une immersion totale. À la scène house, dénommée la forêt d'Oremi et animée par les collectifs Latence Sound System et Reshuffle Music originaires de Paris, Londres et Rio de Janeiro, le public sera plongé dans un univers parallèle, hypnotique et mystérieux, peuplé de créatures hallucinantes et de champignons lumineux géants imaginés par le collectif de création collaborative Infusion.

À la scène psytrance des Kumquat, le collectif Dplyent prévoit lui de déployer au-dessus du public une forêt onirique, et Le Camion Bazar, aux manettes de la décoration de la scène Bazarosée, offrira un univers déjanté, tout en paillettes et en fantaisie, à la programmation du collectif Rose et Rosée. Les habitués des soirées warehouse parisiennes Ræve Lucide s'occuperont de la scène techno pour recréer cette ambiance post-industrielle à l'abandon, travaillé avec La Quarantaine et Regal Sound à la programmation. La scène Raveland, quant à elle, se voudra futuriste, à grand renfort de lasers, de visuels et de mapping. Chaque événement se voit aujourd'hui doté d'espaces pour "chiller". Ils seront ici pensés et designés par les collectifs One One Six et Kumquat. Ce dernier organise régulièrement des soirées à la Bellevilloise, et proposera ce week-end un univers "tropical"

Du reste, il faudra aussi compter sur le dub des sound-systems High Bass et Blackboard Jungle et le disco déjanté du crew parisien Mic Mac, le live techno ILIVOR et les rythmiques mondiales traditionnelles de Turnbalism, Lozérien inspiré durablement par un voyage en Afrique du Sud. Habitués des closings, Manu le Malin sera présent sur la scène Raveland, et le versant hardcore vigoureux sera entre les mains d'Alex et Fab avec leur duo Densha Crisis, ou le duo BudBurNerZ, qui fête ses 20 ans et dont Trax a récemment publié un podcast. La scène warehouse sera aussi de la party avec EKLPX, Lacchesi et Brulëe, trois DJ technos signés sur le label de La Quarantaine, le collectif derrière les soirées en entrepôts de plus en plus remarquées en région parisienne.

La programmation complète et la billetterie sont à retrouver ici.