Photo en Une : © D.R


Installé par les soins de Kode9, pilier de la bass music anglaise et patron du label Hyperdub, le projet n'a pourtant pas vocation à accueillir une rave party mythologique. Il s'inscrit dans l'oeuvre de l'artiste cubaine Tania Bruguera, "10,143,225", soit le nombre de migrants ayant franchi la frontière d'un pays à l'autre, plus ceux décédés depuis que l'idée de créer une performance en leur nom a germé dans son esprit. Le titre de l'oeuvre évolue au fur et à mesure que leur nombre augmentera. Ce chiffre est basé sur les données transmises par l'association Missing Migrants Project.

Dans cette œuvre, pas de breaks syncopés, mais bien des infra-basses abyssales et anxiogènes, couplées à la diffusion d'un gaz lacrymogène au menthol et à un sol thermosensible, tapissant l'immense Turbine Hall du musée, qui dévoile au fur et à mesure le portrait d'un réfugié syrien. L'ensemble tentera de retranscrire l'angoisse vécue par les exilés, les voyageurs contraints. « L'idée est de partir de ces statistiques somme toute abstraites, qui souvent sont passées entre les mains des médias, pour aller vers quelque chose de plus palpable, vers de véritables émotions »

Celle-ci est ouverte depuis le 2 octobre, et se déroulera jusqu'au 24 février 2019.

Sinon, pour se faire une idée de ce que 40 000 watts de basses provoquent, c'est ici.