Photo en Une : © Krazy Baldhead

En partenariat avec Ableton


Lorsqu’on débute en production, il y a une astuce pour rapidement apporter une touche personnelle au son. C’est ce qu’on appelle le « layering », c’est-à-dire la superposition de couches de sons. On le trouve partout, dans tous les styles, et dans toute sorte de musique. Il s’agit par exemple de rajouter un son synthétique à un violon pour le colorer, puis d’ajouter une source de bruit pour apporter une touche organique. Ou de mélanger une caisse claire avec un craquement de vinyle, ou encore de mixer deux types de kicks, l’un avec une grosse attaque, l’autre avec un gros sub. Les possibilités sont sans fin, et ce travail va permettre d’obtenir un son riche et unique.

Le premier réflexe pour arriver à cela, c’est de copier ses pistes puis de changer d’instrument sur chacune des pistes. Ça fonctionne, mais on se retrouve vite avec un projet surchargé, et un travail de production plus fastidieux : si l’on veut modifier ou ajouter des notes, changer des accords, il faudra recopier ces modifications sur chacune des pistes. Ableton Live a un outil qui permet d’apporter une solution élégante à ce problème, les « Instrument Rack ». C’est une sorte de conteneur dans lequel on place les instruments les uns au-dessus des autres, comme des couches, pour former des « chaînes ». L’Instrument Rack devient une seule et unique piste sur laquelle il est ensuite facile d’ajouter un filtre ou un compresseur pour homogénéiser tout ça. Ce système permet dès lors de faire jouer en même temps un synthé avec un son aérien, un sampler qui joue un bruit blanc et un son de piano noyé dans de la reverb, le tout déclenché d’une seule touche, une seule note.

Mais le fun ne fait que commencer. Les Instrument Racks regorgent de ressources. D’abord, chaque instrument reste accessible en tant que tel. On peut donc leur ajouter des effets. Par exemple avoir un flanger sur un synthé et un delay sur un autre. Ensuite, les boutons « Macro » permettent de régler plusieurs paramètres d’un seul coup, même s’ils se situent dans des chaînes différentes. On va donc pouvoir affecter à la même Macro l’intensité du flanger et le feedback du delay. Imaginez qu’en appuyant sur une seule note, vous jouiez de trois synthés différents, à droite, à gauche et au centre, et qu’en tournant un seul bouton, vous appliquiez des filtres et des effets qui donneront l’impression de faire tourner le son d’une oreille à l’autre. C’est ce que permettent les Instrument Racks.

Et si toutes les chaînes de nos Instrument Racks peuvent être ainsi déclenchées de manière simultanée, on peut aller encore plus loin, en utilisant le bouton « Chain ». Celui-ci permet de déterminer comment chaque chaîne – ou groupe de chaînes – va être jouée, par exemple en fonction de la hauteur des notes, ou de l’intensité du jeu sur les touches d’un contrôleur (par exemple, en appuyant doucement, seuls deux des trois instruments d’une chaîne joueront). Grâce à cette fonction, on va pouvoir faire évoluer le volume d’un instrument par rapport à un autre, faire un son de transition entre un violon un synthé hypersaturé, avoir un type de son quand on joue doucement et un autre quand on joue plus fort, ou bien, ou bien, ou bien… On peut même imaginer un instrument où chaque note aurait son propre instrument ! La seule limite, c’est son imagination (et la puissance de son ordinateur). En bref, les Instrument Racks sont très puissants pour sculpter et personnaliser son son, sans l’aspect fastidieux de travailler sur de multiples pistes pour y arriver. À essayer d’urgence !

Krazy Baldhead a sorti son dernier maxi Stand Tall, chez Ed Banger en avril dernier, accompagné d’une vidéo en VR en collaboration avec Lek & Sowat. Il propose aussi des formations et services pour le live. Infos sur www.kblive.fr