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Voilà une nouvelle comme on aimerait en voir plus souvent. Tandis qu’en France, le décret sur la baisse du volume de la musique en club et festival se transforme en bataille rangée entre promoteurs et législateurs (sur la base d'un argument lié à la santé publique et non aux nuisances sonores, précisons), Berlin fait une nouvelle fois figure d’exemple en proposant une solution positive et favorable à l’économie nocturne pour réconcilier clubs et riverains.

Car à Berlin comme ailleurs, les nouveaux propriétaires voient parfois d’un mauvais œil le caractère festif du quartier branché où ils viennent d’emménager (eh oui, il n’est pas branché pour rien), et vont par la suite se plaindre des nuisances sonores, conduisant régulièrement à la fermeture d'établissements. Entre 2011 et 2015, ils ont été 170 à mettre la clef sous la porte ; un réel problème pour la capitale européenne du clubbing. « La culture club a tellement donné à Berlin, qu’il fallait maintenant que la ville mette la main à la poche pour leur venir en aide », a déclaré l’écologiste Georg Kössler, qui a travaillé sur la mise à disposition des fonds, au Tages Spiegel. Leur répartition n'a pas encore été détaillée, mais l'on sait qu'ils serviront notamment à équiper les clubs d'une meilleure isolation acoustique et à former le personnel à l'encadrement des fêtards tonitruants devant la porte.

La commission des clubs (Clubcommission) salue également l’initiative : « Dans une ville qui se densifie, où les logements jouxtent les établissements musicaux, il faut investir dans l’isolation sonore, pour que la cohabitation puisse exister. » Peut-être qu’un tel investissement ne serait pas de trop chez nous. À Paris, l’adjoint à la mairie chargé de la Nuit Frédéric Hocquard planche de son côté sur un « principe d’antériorité », qui empêcherait les nouveaux propriétaires de se plaindre d’un certain niveau d’animation nocturne dans des zones historiquement festives. Preuve qu’ici non plus, la cohabitation ne coule pas toujours de source.