Photo en Une : © Rob Walbers

Par Arnaud Wyart

L'idée d'un retour a émergé l'été dernier pendant le festival Coachella aux États-Unis. Alors que les frères Dewaele mixaient dans leur Despacio avec James Murphy, les demandes affluaient pour des dates de Soulwax. David et Stephen commencent à en parler dès le début du festival. Ils décident rapidement de jouer de nouveaux morceaux sur scène avec pas moins de trois batteries. Pour les aider à jouer sur celles-ci, ils font appel à Igor Cavalera (Sepultura, Mixhell) qui répond favorablement, tout comme Victoria Smith (Jamie T), Blake Davies (Turbowolf) et les autres musiciens. À la fin de Coachella, l'affaire était pliée.

Dès leur retour à Gant, les Dewaele se mettent à écrire des chansons et le live se monte rapidement. Dix-huit tracks sont finalement retenus. Après une série de répétitions, le groupe se chauffe dans les festivals. « Ce qui est incroyable, c'est qu'il n'y a pas eu de problème technique alors que l'on emporte tout un studio sur scène », explique Stephen. Car en plus des batteries, guitares et autres, on retrouve notamment un Arp 2600, un clone de 303, un Sequential Prophet 6 et un Oberheim Two-Voice Pro. Pourquoi ce choix ? « Ce sont des règles que David et moi nous sommes fixées. Contrairement au Despacio qui est luxueux, on voulait se limiter à du matériel que l'on utilise au quotidien. Ce sont des choix assez classiques, sauf pour le Oberheim qui est nouveau mais avec un son bien à lui ». Autre intérêt, la présence d’Igor Cavalera, le batteur de Sepultura, qui, lui, apporte un ton nouveau à Soulwax. Un détournement bien senti. « Avec Igor, même si l’on ne savait pas encore comme il allait s’insérer dans notre set-up, on était sûrs que ça sonnerait bien. Dans la musique électronique, c'est facile de trouver un kit de batterie ou un instrument et de toujours l'utiliser. Au contraire, on pense que le challenge, c'est quand tu décides d'aller ailleurs. En tout cas, c'est ce qu'on a essayé de faire avec le disque. »

Une prise live de 50 minutes

En septembre, le groupe arrête de tourner. Les demandes de promoteurs continuent et se pose rapidement la question d'un nouvel album. « On avait de nouveaux tracks mais on ne voulait pas juste faire un nouvel album de Soulwax. Il nous fallait un concept original pour sortir des sentiers battus. On a donc enregistré tous les sept ensemble dans une pièce, en une prise, du début à la fin, même les transitions entre les morceaux », explique Stephen. Au total, l’enregistrement n'a duré que trois jours (avec également Laima Leyton de Mixhell aux synthétiseurs et aux chœurs et Stefaan van Leuven à la basse et aux synthétiseurs). Ensuite, le duo a mixé un morceau par jour. Une réelle spontanéité qui fait toute la force de l'album. Avec autant d'attente de la part des fans, la prise de risque était énorme. Mais le pari est réussi. Certainement inconsciemment, les Dewaele sont parvenus à synthétiser une bonne partie de leurs influences sur ce disque. On a longtemps tenté de leur coller une étiquette. Avec From Deewee, ils montrent une maîtrise parfaite des instruments, des ambiances, des mélodies, des structures… Ça part un peu dans tous les sens mais on se laisse vite aller sans réfléchir. Finalement, on se fiche de savoir ce que l'on écoute. C'est bon, c'est frais, c'est cool. On ne pourra plus dire que Stephen et David font juste de l’électro-rock ou du mash-up, ces mecs ont clairement inventé leur propre son. Maintenant on ne veut pas attendre dix ans pour le prochain album !

Soulwax se produira en live le 19 décembre au Casino de Paris. Bonne nouvelle : Trax vous offre 10 places pour toute souscription d'un abonnement d'un an au magazine