Photo en Une : © Brainfeeder Films

"J’ai essayé de prévenir les gens", justifie Flying Lotus sur Twitter. Le caractère gore, malsain voire scatophile de son film n’était pas un secret, pour peu que l'on ait jeté un œil aux tweets du producteur de L.A. durant les derniers mois.

Des tweets dont le public du festival de cinéma indépendant Sundance venu assister à la première du film n'a vraisemblablement pas pris connaissance. Présent à la séance, un journaliste de The Verge qualifie Kuso de "film le plus écœurant jamais réalisé", et témoigne d’un flot continu de personnes quittant la salle tandis qu'elles assistent, dans une liste non exhaustive, à des scènes "d’un pénis en érection se faisant poignarder", "d’une femme mâchant un bloc de béton jusqu’à ce que ses dents se désintègrent" ou "d’un alien extrayant de force le fœtus du vagin d’une femme (sur fond de jingle de Mortal Kombat : "Get over here !" pour fumer ensuite le petit corps." Dans la foulée, Flying Lotus a tweeté que selon lui, seulement une vingtaine de personnes sur 400 avaient quitté la salle.

The Verge conclut néanmoins qu'entre les pustules et les excréments, le film sous-tend une réflexion plus profonde et dégage une certaine poésie. 

"C'est de l'art. C'est de la merde.
L'art, c'est de la merde."

"Comme le dit l'un des personnages en assistant à la scène du pénis poignardé : 'C'est de l'art. C'est de la merde. L'art, c'est de la merde.' Dans le cas de Kuso, l'art est littéralement de la merde, une fontaine de diarrhée qui pulvérise de sa viscosité des moments suggérant quelque chose de plus profond, traitant de l'anxiété et d'un monde sens dessus dessous [...] Ce film est souvent, littéralement, un tas de merde. Mais cela peut s'avérer d'une honnêteté réconfortante lorsque le monde semble être en feu, mais que nous allons continuer à sourire coûte que coûte."

Le synopsis de Kuso évoque une collection de courts-métrages semi-connectés qui chronique les vies d’hommes, de femmes et d’enfants mutants à Los Angeles à la suite d’un tremblement de terre. Son trailer donne une idée assez explicite d'un film qui semble se situer au croisement des univers tortueux de Quentin Dupieux (Mr Oizo), David Cronenberg et Alejandro Jodorowsky.

On y découvre aussi la liste définitive des collaborateurs de la BO, dont Aphex Twin, Thundercat, Kamasi Washington et FlyLo en personne, ainsi que l'apparition à l'écran d'Anders Holmes (Workaholics), d'Hannibal Buress et de la légende de Parliament-Funkadelic George Clinton. Concernant ce dernier, FLying Lotus raconte l'avoir recruté pour le casting en lui demandant par texto :"Ça te dérangerait de montrer ton anus à la caméra...?"

Kuso - Official Trailer

L'amour de Flying Lotus pour le cinéma ne date pas d'hier : ses clips sont des bijoux d'animation et de véritables courts-métrages, du trip karmique de Zodiac Shit à l'extra-gore Ready Err Not (NSFW) réalisé en collaboration avec David Firth, l'animateur de Salad Fingers, en passant par le bouleversant Coronus, The Terminator ou la prestation d'Elijah Wood dans Tiny Tortures.

Flying Lotus - Coronus, The Terminator

Ellison avait déjà présenté le court-métrage Royal au Sundance NEXT Fest 2016, dont il avait révélé par la suite qu'il s'agissait de l'un des segments de Kuso. Lors de la projection, des sacs à vomi avaient été remis aux spectateurs.

Aucune date de sortie en salle n'a à ce jour été annoncée pour Kuso.