Le 3 octobre prochain, un nouveau centre culturel ouvrira ses portes au public, à la place d'un ancien établissement financier, situé au sud de Chicago. Le Stony Island Arts Bank, dédiée à la culture afro-américaine, accueillera une large palette de manifestations artistiques : expositions, résidences, performances et nombre d'archives. Celles-ci comprennent, notamment, la collection de vinyles de Frankie Knuckles, décédé en 2014, et le catalogue de la Johnson Publishing Company (et d'anciens exemplaires des magazines Jet et Ebony, par la même occasion).

knuckles

Theaster Gates, propriétaire du lieu depuis son rachat en 2012, affirmait à son sujet : "C'est un nouveau type de structure, un nouveau type d'établissement - une galerie hybride, un centre communautaire, des archives et des bibliothèques. Ce lieu a été érigé par et pour South Side (le quartier sud de Chicago, ndlr) — un complexe dédié à l'histoire et à la culture afro-américaine, un laboratoire d'études pour la future génération d'artistes, issus ou intéressés par cette frange, une vitrine pour mettre en avant ses futurs leaders, qu'il s'agisse de peintres, d'enseignants, de spécialistes ou de conservateurs." Un élan encourageant, auquel nous apportons volontiers notre soutien. 

Update 24/09

En amont de l'inauguration du centre culturel susmentionné, le Chicago Reader interrogeait Frederick Dunson, au sujet de l'exposition dédiée à Frankie Knuckles, installée au troisième étage de la Stony Island Arts Bank. Partenaire de longue date du producteur américain, en partie responsable de la fondation édifiée en son honneur, Dunson levait ainsi le voile sur certains éléments du projet, notamment la volonté initiale de l'artiste concerné : 

"Je pense qu'il souhaitait que sa collection soit accessible à tous. J'ignore s'il avait pensé à organiser quelque chose à ce propos, à discuter de tout cela. Je n'avais pas réalisé qu'il disposait d'une collection aussi vaste." Outre l'information essentielle selon laquelle Frankie Knuckles, lui-même, songeait à dévoiler l'ensemble de sa collection de vinyles, l'année précédant sa mort, l'interview nous révèle la présence d'éléments particulièrement intrigants.

Ladite sélection comporte un certain nombre d'éléments intrigants, de zones d'ombres et de flous laissés en suspens depuis la disparition de l'artiste américain. Indépendamment de la richesse et du prestige associés à la discothèque de Knuckles, celle-ci abritait également le cadavre d'un serpent (?), de nombreux messages personnels (dont une note grivoise de Janet Jackson, laquelle déclarait "Frankie, je t'en prie, enfonce cette énorme chose dans ma bouche", accompagnée d'un croquis présentant un pénis) et des stickers de couleur apposés sur une partie des vinyles dont il est question.

Sans aucune indication ni notation nous renseignant quant au fonctionnement dudit système : "Cela ne signifie rien, pour nous. Mais c'était le cas pour lui, selon le positionnement et la couleur du sticker. Il pouvait reconnaître chacun de ces vinyles dans l'obscurité ou nous révéler ce qu'il s'apprêtait à jouer. Ne me questionnez pas à ce propos, il dispose de son propre système." 

A noter qu'une liste complète de sa collection de vinyles devrait nous être présentée sous peu. Une mine d'or, assurément.